Déchiffrer 2027

Immigration, Jean-François Legendre

Aide médicale de l'État : Aucune aide aux étrangers en situation irrégulière ; AME jugée « incohérente »

Sens du changement : baisse, par rapport à la loi en vigueur.

Le levier. Prise en charge des soins des étrangers en situation irrégulière : maintien, réduction à l'urgence ou suppression. Règle de sens : ↑ AME plus étendue.

« Les migrants clandestins, donc illégaux, qui ne bénéficieront pas d'aides et qui sont voués à être renvoyés dans leur pays d'origine. […] L'AME (Aide médicale d'État) permet aux personnes résidant en France de manière irrégulière de bénéficier d'une couverture maladie, c’est humanitaire mais incohérent. »1

Encodage en vérification : position relevée à la source, pas encore relue par la rédaction.

Encodage

Pas de paramètre du barème pour cette position : voir le chiffrage pour la raison.

Chiffrage

Annoncé par le candidat

non annoncé

Le programme ne chiffre pas cette mesure.

Chiffrages publiés

aucun

Pas de chiffrage extérieur de cette position relevé à ce jour.

Notre calcul

non chiffrée

Le texte refuse toute aide aux étrangers en situation irrégulière et juge l'AME « incohérente », sans dire si elle est supprimée ni si les soins urgents restent couverts : aucune option du barème ne s'applique sans interprétation.

Droit en vigueur, sources et limites du barème

Droit en vigueur. AME (code de l'action sociale et des familles, art. L251-1 et suivants) : prise en charge des soins des étrangers en situation irrégulière résidant en France depuis plus de 3 mois, sous plafond de ressources. Accord préalable pour certains soins programmés pendant les 9 premiers mois. Dépense réelle de 1 386,8 M€ en 2024 (+15,5 %) et 1 385 M€ prévus pour 2025 (DSS), alors que les crédits du PLF 2026 sont de 1 208,3 M€. 461 833 bénéficiaires au 31 mars 2025. Dépense répartie à 61 % en soins hospitaliers et 39 % en soins de ville.

Horizon. Année pleine 2032, Md€ courants, par rapport au droit actuel

Limites. Projection 2032 calculée ici : 1 385 M€ en 2025 × (1+g)^7, avec g = 3 % (bas), 4 % (central, rythme anticipé par le Sénat pour 2026) et 6 % (haut, moyenne depuis 2009). Suppression : économie BRUTE et statique. Elle ignore le report vers les soins urgents (132 M€ en 2024, déjà en partie à la charge de l'assurance maladie), les créances irrécouvrables des hôpitaux et les effets sanitaires. Le rapport Évin-Stefanini (déc. 2023) juge l'AMU « inappropriée » et ne chiffre aucune économie. Il n'existe pas de chiffrage officiel de l'AMU. La fourchette est construite : le bas reprend l'ordre de grandeur de l'amendement sénatorial (-200 M€), le haut retire toute la part des soins de ville (39 % × 1,82 ≈ 0,7 Md€), le central est à mi-chemin. Les crédits votés sous-estiment chaque année la dépense réelle : la dette de l'État envers la sécurité sociale au titre de l'AME atteindrait 362 à 428 M€ fin 2025. Il faut donc chiffrer sur la dépense réelle, pas sur les crédits.

  • Sénat, commission des affaires sociales, L'Essentiel PLF 2026 « Santé » (avis Florence Lassarade), 2025-12-03 : « « Les dépenses d'AME ont progressé de 6 % par an en moyenne depuis 2009, et de 40 % entre 2021 et 2025. Alors que les crédits consacrés à l'AME resteraient plafonnés à 1 208,3 millions d'euros en 2026, les dépenses réelles d'AME ont atteint 1 387 millions d'euros en 2024 » ; « La direction de la sécurité sociale (DSS) estime ainsi que la dépense prévisionnelle s'établira à 1 385 millions d'euros pour l'exercice 2025 » ; « En 2026, une progression de 4 % est anticipée » ; « Les prestations hospitalières représentent 61 % de cette dépense » ; « un amendement minorant les crédits de l'AME de 200 millions d'euros » »
  • Sénat, rapport d'information n° 841 (2024-2025), Vincent Delahaye, commission des finances, sur l'aide médicale de l'État, 2025-07 : « « le coût total réel de l'AME est de 1 386,8 millions d'euros, soit une hausse de 15,5 % des dépenses par rapport à 2023 » ; « l'État ne prend pas en charge l'intégralité de la dépense d'AME pour soins urgents, puisqu'il ne verse que 70 millions d'euros à la sécurité sociale sur un coût total de 132 millions d'euros » »
  1. « 64 % – vers une alternative citoyenne en France », manifeste d'À nous maintenant, p. 33. Ouvrir le document à cette page.

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