Déchiffrer 2027

Patrimoine et héritage, Jean-Luc Mélenchon

Impôt sur la fortune (IFI, ISF) : ISF rétabli et renforcé, volet climatique ; impôt de 2 % sur les milliardaires

Sens du changement : hausse, par rapport à la loi en vigueur.

Le levier. Imposition de la fortune : impôt sur la fortune immobilière (IFI), retour d'un impôt sur tout le patrimoine, ou taxe sur les très hauts patrimoines. Règle de sens : ↑ imposition du patrimoine plus lourde.

« Rétablir et renforcer l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), incluant un volet climatique visant à taxer les gros pollueurs • Introduire une garantie d’impôt de 2 % sur le patrimoine des milliardaires, dite taxe Zucman »1

Encodage

Position rattachée à une option du barème, sans paramètre à régler : voir le chiffrage.

Chiffrage

Annoncé par le candidat

non annoncé

Le programme ne chiffre pas cette mesure.

Chiffrages publiés

aucun

Pas de chiffrage extérieur de cette position relevé à ce jour.

Notre calcul

+4,5 Md€

par an sur le solde public, recette nouvelle, fourchette de +3,2 à +4,5 Md€.

Le calcul

  • Rétablir l'ISF (assiette 2017) : gain net par rapport à l'IFI, contrefactuel 2022 : Option chiffrée par la source : 4,5 Md€ (3,2 à 4,5) de gain par an.

Hypothèse de la rédaction. Chiffrage partiel. Lecture retenue : « rétablir » l'ISF vaut au moins le retour de l'ISF de 2017, dont le barème donne le gain net par rapport à l'IFI ; le montant est un plancher. Non chiffrés : le renforcement et le volet climatique, sans taux ni seuil ; l'impôt plancher de 2 % limité aux milliardaires (les sources lues chiffrent le seuil de 100 M€, pas celui d'un milliard) ; le rétablissement de l'exit tax prévu à la page suivante (p. 28), sans paramètres.

Droit en vigueur, sources et limites du barème

Droit en vigueur. IFI (depuis 2018) : patrimoine immobilier net supérieur à 1,3 M€ ; barème de 0,5 % à 1,5 % au-delà de 0,8 M€ ; plafonnement à 75 % des revenus. 194 000 impositions en 2025, pour 2,3 Md€ en comptabilité budgétaire (2,7 Md€ en comptabilité nationale) ; 3,1 Md€ prévus en 2026. L'ISF a rapporté 5,1 Md€ en 2017 (358 000 foyers). Le PLF 2026 crée une taxe sur le patrimoine financier des holdings (+1,0 Md€ prévu). Pas de taxe plancher sur les très hauts patrimoines (« taxe Zucman »).

Horizon. Année pleine ; contrefactuel ISF en euros 2022, à actualiser pour 2032.

Limites. Rétablir l'ISF : la borne basse, 3,2 Md€, est la perte de recettes ex ante de la transformation de l'ISF en IFI selon l'évaluation préalable du PLF 2018 (rapport général du Sénat) ; le CAE (2025) situe la perte entre 3 et 4,5 Md€, effet mécanique seulement. La valeur centrale, le contrefactuel ISF de 2022 (6,3 Md€, soit 4,5 Md€ nets de l'IFI), vient d'un résumé de presse du comité d'évaluation de France Stratégie (2022-2023) : le PDF n'a pas pu être ouvert. Taxe Zucman : voir l'option « impôt plancher de 2 % » et ses limites plus bas. Zucman avance 15 à 25 Md€ (environ 20), « avec une marge d'erreur d'environ 5 milliards » selon Public Sénat ; le Focus n° 118 du CAE ne chiffre pas cette taxe (il simule l'exil fiscal pour des hausses d'impôt de 2 et 4 Md€) ; l'Institut de l'entreprise (2026) parle d'un rendement « divisé par quatre ». La note du Conseil des prélèvements obligatoires n'a pas été lue à la source. Les effets d'exil et d'optimisation sont décisifs. Le rendement 2026 de la taxe sur les holdings dépend du texte adopté. Impôt plancher de 2 % au-delà de 100 M€ : 15 à 25 Md€ (environ 20) est la seule estimation statique lue du dispositif adopté par l'Assemblée en février 2025. Elle vient des économistes auditionnés (Gabriel Zucman) et figure dans les rapports de l'Assemblée et du Sénat ; la DGFiP a déclaré ne pas pouvoir la simuler. Elle part du classement Challenges (1 228 Md€ pour les 500 premières fortunes en 2024) et d'un taux d'impôt actuel d'environ 0,3 % du patrimoine. Si l'impôt sur les sociétés était déduit, ce qui est un autre dispositif, le rendement tomberait à 2 ou 3 Md€ selon Antoine Levy (cité par le Sénat). Les chiffres d'environ 5 Md€ qui circulent tiennent compte de l'exil et de l'optimisation, ou de la déduction de l'IS : ce sont des chiffrages dynamiques ou d'un autre périmètre, non comptés. Selon le rapport du Sénat, le départ des trois plus grandes fortunes diviserait le rendement par deux. Un plancher limité aux milliardaires n'est pas chiffré.

  1. L’Avenir en commun, édition 2025 (La France insoumise), version 1 du 28 janvier 2025, p. 27. Ouvrir le document à cette page.

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