Âge et durée de cotisation, Fabien Roussel
Âge légal de départ : Retraite à 60 ans
Sens du changement : baisse, par rapport à la loi en vigueur.
Le levier. Âge à partir duquel on peut demander sa retraite. Il ne garantit pas une pension à taux plein, qui dépend aussi de la durée de cotisation. Règle de sens : ↑ âge légal plus élevé.
« Nous voulons reconstruire une France qui produit des richesses plutôt qu'elle les délocalise, qui crée des emplois plutôt qu'elle en supprime, qui verse des salaires plutôt que des allocations, qui cotise à la sécurité sociale plutôt qu'aux assurances et qui propose la retraite à 60 ans plutôt que la repousser toujours plus. »1
Propos de Fabien Roussel, pcf.fr, « Discours de Fabien Roussel - Fête de l'Huma 31 » (Toulouse), 2 juin 2026. Position tirée de déclarations publiques, pas d’un programme écrit.
Pas de programme communiqué. Positions tirées de ses déclarations publiques, de propos de proches ou de documents de son parti, chacune datée et sourcée ; dernier relevé le 14 octobre 2026.
Encodage
| Paramètre | Loi actuelle | Proposé | Date d’effet ou horizon |
|---|---|---|---|
| Âge légal de départ (à terme) | 63,75 ans | 62 ans (hypothèse de la rédaction, voir le chiffrage) | horizon du chiffrage, 2032 |
Chiffrage
Annoncé par le candidat
non annoncé
La source citée ne chiffre pas cette mesure.
Chiffrages publiés
aucun
Pas de chiffrage extérieur de cette position relevé à ce jour.
Notre calcul
−11 Md€
par an sur le solde public, dépense nouvelle, fourchette de −16 à −9,6 Md€.
Le calcul
- Âge légal de départ (à terme) : (62 − 63,75) ÷ -1 = 1,75 fois « 1 an d'âge légal en moins par rapport au droit en vigueur pour les départs de 2032 (63 ans et 9 mois), bornes des carrières longues inchangées », à 6,5 Md€ (5,5 à 9) de coût chacune.
Hypothèse de la rédaction. Chiffrage partiel. Lecture retenue : le candidat veut « abroger vraiment la réforme des retraites à 64 ans » (Marseille, 23 novembre 2025), ce qui ramène l'âge légal à 62 ans, chiffré ici comme un plancher. Le retour à 60 ans (« dès 60 ans à taux plein » dans la base commune du PCF, p. 25), sans durée de cotisation précisée, est sous le domaine du paramètre (62 à 64 ans), où le coût par année d'âge n'est plus linéaire : il n'est pas chiffré.
Droit en vigueur, sources et limites du barème
Droit en vigueur. Âge d'ouverture des droits (AOD) relevé à 64 ans par la loi du 14 avril 2023 (LFRSS 2023, art. 10), puis calendrier suspendu par la LFSS 2026 (fin décembre 2025). Pour les pensions prenant effet à partir du 1er septembre 2026, l'AOD est gelé à 62 ans et 9 mois jusqu'en janvier 2028 (génération 1964 et nés de janvier à mars 1965). La montée reprend ensuite avec un trimestre de retard : avril-décembre 1965 à 63 ans, 1966 à 63 ans et 3 mois, 1967 à 63 ans et 6 mois, 1968 à 63 ans et 9 mois, 1969 et après à 64 ans (OFCE, 29 janvier 2026). En 2032, le droit en vigueur donne donc 63 ans et 9 mois pour les départs de l'année, puis 64 ans dès 2033. Les invalides et inaptes restent à 62 ans.
Horizon. Année pleine 2032, Md€ par an, solde du système de retraite (pensions et cotisations retraite), statique. Ajouter 1 an d'âge donne le même ordre de grandeur, avec le signe d'un gain, et environ 50 % de plus selon la Cour, parce que les bornes des carrières longues sont alors translatées.
Limites. (1) Cohérence des sources. La suspension coûte 1,8 Md€ par an pour un trimestre (COR), soit environ 7,2 Md€ par an d'âge. La Cour compte 5,8 Md€ en 2035 pour 63 ans au lieu de 64 (euros constants 2024). Montaigne 2022 donne 9 Md€ bruts et 6,9 nets d'éviction par an d'âge en 2032. La CNAV chiffre l'effet des mesures d'âge de la réforme de 2023 à 15,7 Md€ en 2032 et 14,8 Md€ en 2035 (euros courants, solde prestations moins cotisations ; le tableau ne précise ni la part de la durée ni les régimes couverts), mais par rapport au droit d'avant la suspension de la LFSS 2026 : ce chiffre surestime le coût d'une abrogation face au droit actuel et n'entre pas dans la moyenne. La valeur centrale, 6,5 Md€ par an d'âge, est la moyenne des trois chiffrages par an d'âge (COR 7,2, Cour 5,8, Montaigne net 6,9 : 6,6), arrondie au demi-milliard ; avec l'éviction de 25 % de la DREES au lieu de 23,3 %, Montaigne net donnerait 6,75 et la moyenne 6,6, même arrondi. (1 bis) Droit de référence : 63 ans et 9 mois pour les départs de 2032 (calendrier de la suspension), d'où current = 63,75 ; 62 ans coûte donc 1,75 × 6,5 Md€. (1 ter) Options retirées le 12 octobre 2026, parce qu'elles ne se rapportent ni au droit actuel ni à l'horizon 2032 : abrogation de 2023 (CNAV, 15,7 Md€ en 2032, avant la suspension ; et la loi Touraine donne 170 trimestres aux générations 1967 à 1969, pas 168) ; retour à 60 ans avec 40 annuités (Institut Montaigne 2022 : 1,2 point de PIB à l'horizon 2027, soit 36 Md€, depuis une base à 62 ans). Ces deux chiffrages ne s'additionnent pas : horizons, droit de référence et euros diffèrent. Un âge sous 62 ans reste donc non chiffré. (2 bis) Domaine. La DREES (Dossiers n° 9, 2016) chiffre le relèvement de 60 à 62 ans de l'âge d'ouverture des droits à 0,43 point de PIB de pensions en 2030 (0,61 en 2020, 0,26 en 2040 ; euros constants 2016 ; microsimulation avec comportements de départ, hors cotisations : +0,14 point), simulé avant le relèvement du taux plein à 67 ans et l'allongement de la durée de 2014. Ce chiffrage ne vaut pas pour le droit de 2026 et ne dit pas si le coût par année est le même de 60 à 62 qu'au-dessus : le domaine reste borné à 62 ans. (2) Non-linéarité. Descendre sous 62 ans coûte davantage par an d'âge : l'étude d'impact 2010 chiffre le passage de 60 à 62 ans, avec le taux plein de 65 à 67 ans (et, selon son § 4.2.1.1, la poursuite de l'allongement de la durée prévu en 2003), à 20,2 Md€ en 2020, tous régimes, en euros 2008, soit environ 10 Md€ par an d'âge. D'où la borne haute de 9. (3) Effets dynamiques, à publier à part. La Cour ajoute 7,2 Md€ d'autres recettes publiques perdues en 2035 pour 1 an d'AOD en moins (13 Md€ au total). Le COR estime qu'un an d'AOD en plus améliore le solde public de 0,3 à 0,7 point de PIB à long terme. (4) Effet d'éviction vers l'invalidité, les IJ et les minima : environ 25 % du gain selon la DREES (relèvement de 2 ans, données 2019 : 0,14 point de PIB de prestations sociales hors retraite, hors assurance chômage et prime d'activité, pour 0,60 point d'économies de retraite) ; Montaigne retient le rapport exact, 23,3 %. Non compté. La Cour ne le déduit pas. (5) Avec un âge plus bas mais la durée inchangée, une partie des assurés partirait avec décote : le coût dépend de l'hypothèse de comportement. (6) Les montants sont en euros de l'année de chaque source. Pour 2032, mieux vaut raisonner en points de PIB (dépenses de retraite stables à environ 14,1 % du PIB jusqu'en 2045, selon le COR). (7) Option « 65 ans ». Chiffrage de la Cour des comptes (février 2025, tableau n° 6) : la variante où l'âge monte à 65 ans pour les générations 1964 à 1968 améliore le solde des retraites de 8,4 Md€ en 2035, en euros constants 2024. Le scénario plus lent (générations 1968 à 1972) donne 4,7 Md€ en 2035, puis 8,4 Md€ en 2045. La Cour relève aussi les bornes des carrières longues d'un an, ce qui explique en partie l'écart avec le coût d'un an de moins (5,8 Md€). Les 9,3 Md€ d'autres recettes publiques, dus à l'effet sur l'emploi, ne sont pas comptés. La Cour mesure un an au-dessus de 64 ans dans le droit d'avant la suspension : pour les générations 1964 à 1968, l'écart avec le droit actuel (62 ans et 9 mois à 63 ans et 9 mois) dépasse un an, et ce surplus n'est pas chiffré. L'effet d'éviction vers l'invalidité et les minima n'est pas déduit, comme pour le paramètre. Option « 65 ans » : la Cour écrit « jusqu'à 8,4 Md€ » en 2035 pour une montée accélérée (générations 1964 à 1968) ; poursuivre au rythme actuel au-delà de 64 ans (générations 1968 à 1972) donne 4,7 Md€ en 2035 et 8,4 seulement vers 2045 : 4,7 en borne basse. Horizon 2035, pas 2032, et base 64 ans : la position qui l'utilise est marquée partielle.
- COR, Rapport annuel juin 2026, Synthèse, 2026-06 : « la suspension de la réforme des retraites de 2023 (coût de 1,8 milliard d’euros en moyenne en année pleine jusqu’en 2032) »
- COR, Rapport annuel juin 2026 (rapport complet), partie 2 chap. 6, 2026-06 : « L’accroissement d’un an de l’âge d’ouverture des droits générerait entre 210 000 et 240 000 emplois supplémentaires et entraînerait une augmentation du PIB comprise entre 0,7 et 0,9 point. Le solde public s’améliorerait durablement d’environ 0,3 à 0,7 point de PIB »
- Cour des comptes, Situation financière et perspectives du système de retraites, tableau n° 6, 2025-02-20 : « Un arrêt de la progression de l’âge d’ouverture des droits à 63 ans aurait un coût complet de 13 Md€ sur les finances publiques pour l’exercice 2035. Il se composerait d’une dégradation du solde des retraites de 5,8 Md€ et d’une perte de recettes publiques, hors cotisations retraites, de 7,2 Md€. ; Cette dernière se traduirait par un gain total de 17,7 Md€ pour l’ensemble des finances publiques sur l’exercice 2035. Il se composerait d’une amélioration du solde du système de retraite de 8,4 Md€ et d’un surcroît de recettes publiques, hors cotisations retraites, de 9,3 Md€. ; À horizon 2045, l’équilibre du système de retraites serait dégradé de 4,3 Md€ au cas où l’âge d’ouverture des droits était ramené à 63 ans, et au contraire amélioré de 8,4 Md€ si celui-ci était remonté à 65 ans à partir de la génération 1972. ; il a été supposé que les bornes d’âge du dispositif seraient augmentées d’un an, ce qui conduirait les assurés concernés à reporter la liquidation de leur pension. »
- Cour des comptes, même rapport, asymétrie hausse/baisse, 2025-02-20 : « les moindres dépenses liées à l’augmentation de l’âge d’ouverture des droits seraient 50 % plus importantes que les dépenses supplémentaires subies en cas d’arrêt de la montée en charge »
- Assemblée nationale, rapport n° 613 (U. Bernalicis) sur la proposition de loi d'abrogation de la retraite à 64 ans, tableau « Effet de relèvement des mesures d'âge » (réponse de la Cnav au questionnaire du rapporteur, page 34), 2024-11-20 : « EFFET DE RELÈVEMENT DES MESURES D’ÂGE SUR LES MASSES DE PRESTATIONS DE DROIT DIRECT (HORS ASPA), DE COTISATIONS SOCIALES (HORS COTISATION ÉQUILIBRE EMPLOYEUR) ET SUR LE SOLDE FINANCIER EN MILLIARDS D’EUROS COURANTS […] Solde 3,4 6,6 8,6 10,4 11,7 12,6 14,2 15,7 14,8 11,1 [2025 2026 2027 2028 2029 2030 2031 2032 2035 2040] Source : réponse de la Cnav au questionnaire du rapporteur. »
- DREES-BRET, note n° 21-43, « Évaluation de l'augmentation des dépenses de certaines prestations sociales induite par un relèvement de l'âge légal d'ouverture des droits à la retraite » (COR, séance du 27 janvier 2022, document n° 10, page 3 du PDF), 2022-01 : « Globalement, un relèvement de l’AOD de 2 ans aurait induit en 2019 une augmentation des dépenses de prestations sociales hors retraite et assurance chômage de l’ordre de 3,6 Md€ (0,14 point de PIB), concentrée sur les personnes de 62 et 63 ans. En supposant que le relèvement de l’AOD diminue les dépenses du système de retraite d’environ 0,60 point de PIB, l’effet d’éviction par les prestations sociales (c’est-à-dire hors assurance chômage) serait donc d’environ 25 %. »
- Assemblée nationale, étude d'impact du projet de loi portant réforme des retraites (n° 2760), juillet 2010, § 3.4.6, 2010-07 : « Le tableau ci-dessous récapitule (en Mds d’euros 2008) les impacts financiers des mesures proposées par le projet de loi ainsi que des mesures complémentaires mentionnées ci-dessus. […] Solde avant réforme (tous régimes) -32,3 -35,1 -39,4 -42,3 -45 Impact annuel mesure d’âge 0 1,7 9,5 18,6 20,2 [2010 2011 2015 2018 2020] »
- Institut Montaigne, Présidentielle 2022, fiche Macron « Repousser l'âge de départ à 65 ans » (archive), 2022-04 : « Ainsi, la réforme dans sa globalité permettrait un gain brut de 27 Md€ en 2032. […] l’effet d’éviction de 23,3 % se traduit par une dépense accrue de 6,3 Md€ (scénario médian). Le gain de la réforme se situe alors plutôt à 20,7 Md€. »
- Institut Montaigne, fiche Macron 65 ans, hypothèse d'âge effectif (archive), 2022-04 : « nous faisons l’hypothèse qu’un recul d’un an de l’âge légal entraîne un recul de 0,6 an de l’âge effectif de départ, soit 7,2 mois »
- Institut Montaigne, fiche Mélenchon « Rétablir la retraite à 60 ans après 40 années de cotisation » (archive), 2022-04 : « Au total, un retour sur ces mesures d’âges représenterait un coût de 1,2 point de PIB à horizon 2027, soit 36 Md€. […] l’étude d’impact de la loi estimait l’économie annuelle tous régimes des mesures d’âge (âge légale et âge d’obtention du taux plein) à 20,2 Md€ en 2020. »
- OFCE, M. Dauvin, Réforme et suspension de la réforme des retraites (blog), 2026-01-29 : « à partir de cette date, l'âge légal est figé à 62 ans et 9 mois jusqu'à janvier 2028 […] la cohorte 1965 (avril–décembre) peut commencer à partir en 2028 à 63 ans; la génération 1966 se voit ensuite appliquer un âge légal de 63 ans et 3 mois »
- Sénat, L'essentiel PLFRSS 2023 (étude d'impact et DSS), 2023-03-13 : « sans réforme, les prévisions montrent à cet horizon un déficit prévisionnel de 13,5 milliards d’euros […] le système de retraites pourrait donc afficher un déficit de 0,6 milliard d’euros en 2030 »
- Public Sénat, audition de Pierre Moscovici, 2025-03-05 : « Une ouverture des droits à 62 ans augmenterait le déficit de « 10,4 milliards d’euros en 2035 » »
- pcf.fr, « Discours de Fabien Roussel - Fête de l'Huma 31 » (Toulouse), 2 juin 2026. Propos de Fabien Roussel. Position tirée de déclarations publiques, pas d’un programme écrit. Lire la source (pcf.fr, « Discours de Fabien Roussel - Fête de l'Huma 31 » (Toulouse)).
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