Déchiffrer 2027

Âge et durée de cotisation, Marine Tondelier

Âge légal de départ : 62 ans immédiatement ; 60 ans visés, d'abord après un travail tôt et pénible

Sens du changement : baisse, par rapport à la loi en vigueur.

Le levier. Âge à partir duquel on peut demander sa retraite. Il ne garantit pas une pension à taux plein, qui dépend aussi de la durée de cotisation. Règle de sens : ↑ âge légal plus élevé.

« Abroger l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans (réforme Borne) pour revenir immédiatement à un âge minimum à 62 ans et viser une retraite à 60 ans en priorisant / réinstaurer la retraite à 60 ans pour les personnes ayant travaillé tôt et dans des conditions pénibles. »1

Encodage

ParamètreLoi actuelleProgrammeDate d’effet ou horizon
Âge légal de départ (à terme)63,75 ans62 anshorizon du chiffrage, 2032

Chiffrage

Annoncé par le candidat

non annoncé

Le programme ne chiffre pas cette mesure.

Chiffrages publiés

aucun

Pas de chiffrage extérieur de cette position relevé à ce jour.

Notre calcul

−11 Md€

par an sur le solde public, dépense nouvelle, fourchette de −16 à −9,6 Md€.

Le calcul

  • Âge légal de départ (à terme) : (62 − 63,75) ÷ -1 = 1,75 fois « 1 an d'âge légal en moins par rapport au droit en vigueur pour les départs de 2032 (63 ans et 9 mois), bornes des carrières longues inchangées », à 6,5 Md€ (5,5 à 9) de coût chacune.

Chiffrage partiel. La retraite à 60 ans visée, en priorité pour les personnes ayant travaillé tôt et dans des conditions pénibles, n'est pas chiffrée. Le financement prévu au même chapitre (p. 117) n'est pas compté, faute de levier dans la grille : cotisation retraite déplafonnée relevée d'un point au-delà du plafond de la Sécurité sociale, cotisations vieillesse relevées de 0,2 point par an pendant le quinquennat. Les cotisations sur l'épargne salariale, prévues au même endroit, sont chiffrées au levier « partage de la valeur ».

Droit en vigueur, sources et limites du barème

Droit en vigueur. Âge d'ouverture des droits (AOD) relevé à 64 ans par la loi du 14 avril 2023 (LFRSS 2023, art. 10), puis calendrier suspendu par la LFSS 2026 (fin décembre 2025). Pour les pensions prenant effet à partir du 1er septembre 2026, l'AOD est gelé à 62 ans et 9 mois jusqu'en janvier 2028 (génération 1964 et nés de janvier à mars 1965). La montée reprend ensuite avec un trimestre de retard : avril-décembre 1965 à 63 ans, 1966 à 63 ans et 3 mois, 1967 à 63 ans et 6 mois, 1968 à 63 ans et 9 mois, 1969 et après à 64 ans (OFCE, 29 janvier 2026). En 2032, le droit en vigueur donne donc 63 ans et 9 mois pour les départs de l'année, puis 64 ans dès 2033. Les invalides et inaptes restent à 62 ans.

Horizon. Année pleine 2032, Md€ par an, solde du système de retraite (pensions et cotisations retraite), statique. Ajouter 1 an d'âge donne le même ordre de grandeur, avec le signe d'un gain, et environ 50 % de plus selon la Cour, parce que les bornes des carrières longues sont alors translatées.

Limites. (1) Cohérence des sources. La suspension coûte 1,8 Md€ par an pour un trimestre (COR), soit environ 7,2 Md€ par an d'âge. La Cour compte 5,8 Md€ en 2035 pour 63 ans au lieu de 64 (euros constants 2024). Montaigne 2022 donne 9 Md€ bruts et 6,9 nets d'éviction par an d'âge en 2032. La CNAV chiffre l'effet des mesures d'âge de la réforme de 2023 à 15,7 Md€ en 2032 et 14,8 Md€ en 2035 (euros courants, solde prestations moins cotisations ; le tableau ne précise ni la part de la durée ni les régimes couverts), mais par rapport au droit d'avant la suspension de la LFSS 2026 : ce chiffre surestime le coût d'une abrogation face au droit actuel et n'entre pas dans la moyenne. La valeur centrale, 6,5 Md€ par an d'âge, est la moyenne des trois chiffrages par an d'âge (COR 7,2, Cour 5,8, Montaigne net 6,9 : 6,6), arrondie au demi-milliard ; avec l'éviction de 25 % de la DREES au lieu de 23,3 %, Montaigne net donnerait 6,75 et la moyenne 6,6, même arrondi. (1 bis) Droit de référence : 63 ans et 9 mois pour les départs de 2032 (calendrier de la suspension), d'où current = 63,75 ; 62 ans coûte donc 1,75 × 6,5 Md€. (1 ter) Options retirées le 12 octobre 2026, parce qu'elles ne se rapportent ni au droit actuel ni à l'horizon 2032 : abrogation de 2023 (CNAV, 15,7 Md€ en 2032, avant la suspension ; et la loi Touraine donne 170 trimestres aux générations 1967 à 1969, pas 168) ; retour à 60 ans avec 40 annuités (Institut Montaigne 2022 : 1,2 point de PIB à l'horizon 2027, soit 36 Md€, depuis une base à 62 ans). Ces deux chiffrages ne s'additionnent pas : horizons, droit de référence et euros diffèrent. Un âge sous 62 ans reste donc non chiffré. (2 bis) Domaine. La DREES (Dossiers n° 9, 2016) chiffre le relèvement de 60 à 62 ans de l'âge d'ouverture des droits à 0,43 point de PIB de pensions en 2030 (0,61 en 2020, 0,26 en 2040 ; euros constants 2016 ; microsimulation avec comportements de départ, hors cotisations : +0,14 point), simulé avant le relèvement du taux plein à 67 ans et l'allongement de la durée de 2014. Ce chiffrage ne vaut pas pour le droit de 2026 et ne dit pas si le coût par année est le même de 60 à 62 qu'au-dessus : le domaine reste borné à 62 ans. (2) Non-linéarité. Descendre sous 62 ans coûte davantage par an d'âge : l'étude d'impact 2010 chiffre le passage de 60 à 62 ans, avec le taux plein de 65 à 67 ans (et, selon son § 4.2.1.1, la poursuite de l'allongement de la durée prévu en 2003), à 20,2 Md€ en 2020, tous régimes, en euros 2008, soit environ 10 Md€ par an d'âge. D'où la borne haute de 9. (3) Effets dynamiques, à publier à part. La Cour ajoute 7,2 Md€ d'autres recettes publiques perdues en 2035 pour 1 an d'AOD en moins (13 Md€ au total). Le COR estime qu'un an d'AOD en plus améliore le solde public de 0,3 à 0,7 point de PIB à long terme. (4) Effet d'éviction vers l'invalidité, les IJ et les minima : environ 25 % du gain selon la DREES (relèvement de 2 ans, données 2019 : 0,14 point de PIB de prestations sociales hors retraite, hors assurance chômage et prime d'activité, pour 0,60 point d'économies de retraite) ; Montaigne retient le rapport exact, 23,3 %. Non compté. La Cour ne le déduit pas. (5) Avec un âge plus bas mais la durée inchangée, une partie des assurés partirait avec décote : le coût dépend de l'hypothèse de comportement. (6) Les montants sont en euros de l'année de chaque source. Pour 2032, mieux vaut raisonner en points de PIB (dépenses de retraite stables à environ 14,1 % du PIB jusqu'en 2045, selon le COR). (7) Option « 65 ans ». Chiffrage de la Cour des comptes (février 2025, tableau n° 6) : la variante où l'âge monte à 65 ans pour les générations 1964 à 1968 améliore le solde des retraites de 8,4 Md€ en 2035, en euros constants 2024. Le scénario plus lent (générations 1968 à 1972) donne 4,7 Md€ en 2035, puis 8,4 Md€ en 2045. La Cour relève aussi les bornes des carrières longues d'un an, ce qui explique en partie l'écart avec le coût d'un an de moins (5,8 Md€). Les 9,3 Md€ d'autres recettes publiques, dus à l'effet sur l'emploi, ne sont pas comptés. La Cour mesure un an au-dessus de 64 ans dans le droit d'avant la suspension : pour les générations 1964 à 1968, l'écart avec le droit actuel (62 ans et 9 mois à 63 ans et 9 mois) dépasse un an, et ce surplus n'est pas chiffré. L'effet d'éviction vers l'invalidité et les minima n'est pas déduit, comme pour le paramètre. Option « 65 ans » : la Cour écrit « jusqu'à 8,4 Md€ » en 2035 pour une montée accélérée (générations 1964 à 1968) ; poursuivre au rythme actuel au-delà de 64 ans (générations 1968 à 1972) donne 4,7 Md€ en 2035 et 8,4 seulement vers 2045 : 4,7 en borne basse. Horizon 2035, pas 2032, et base 64 ans : la position qui l'utilise est marquée partielle.

  1. Pour une prospérité écologique – Le nouveau programme des Écologistes (Projet 2027), version 1 du 25 août 2026, p. 116. Ouvrir le document à cette page.

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