Déchiffrer 2027

Climat, François Ruffin

Rénovations énergétiques par an : Un million de rénovations par an, dont 600 000 d’ampleur ; 15 Md€ par an

Sens du changement : hausse, par rapport à la loi en vigueur.

Le levier. Nombre de logements rénovés chaque année pour réduire leur consommation d'énergie, selon l'objectif du programme. Règle de sens : ↑ plus de rénovations aidées.

« Rénover massivement pour protéger les gens : renforcer et simplifier les aides pour arriver à un million de rénovations par an dont 600 000 d’ampleur afin de réduire au maximum les factures, le froid et le chaud, protéger les travailleurs du BTP et remobiliser les logements vacants dégradés. […] Nous proposons de simplifier cette usine à gaz coûteuse et peu efficace, en transformant les CEE en contribution directe des énergéticiens au budget de l’Agence nationale de l’habitat (Anah). […] L’ensemble des moyens financiers rassemblés seront renforcés (pour atteindre 15 Mds€/an) et mobilisés en priorité pour diffuser les rénovations d’ampleur qui associent isolation et changement du chauffage. »1

Encodage

ParamètreLoi actuelleProgrammeDate d’effet ou horizon
Rénovations d'ampleur aidées par an91 374 logements600 000 logements (hypothèse de la rédaction, voir le chiffrage)horizon du chiffrage, 2032

Chiffrage

Annoncé par le candidat

−15 Md€

par an. « L’ensemble des moyens financiers rassemblés seront renforcés (pour atteindre 15 Mds€/an) » : enveloppe totale de la rénovation des logements, aides actuelles et certificats d’économies d’énergie compris, et non son surcoût

Chiffrages publiés

aucun

Pas de chiffrage extérieur de cette position relevé à ce jour.

Notre calcul

−13 Md€

par an sur le solde public, dépense nouvelle, fourchette de −18 à −6,1 Md€.

Le calcul

  • Rénovations d'ampleur aidées par an : (600 000 − 91 374) ÷ 100 000 = 5,09 fois « +100 000 rénovations d'ampleur aidées par an », à 2,6 Md€ (1,2 à 3,6) de coût chacune.

Hypothèse de la rédaction. Chiffrage partiel. Le montant est le coût de l'objectif de 600 000 rénovations d'ampleur par an une fois atteint, à l'aide publique moyenne actuelle d'une rénovation d'ampleur (26 100 € ; borne basse : 11 800 €, aide moyenne en copropriété), même méthode que pour Marine Tondelier et Fabien Roussel. Ce n'est pas le budget annoncé : l'enveloppe de 15 Md€ par an est un total, aides actuelles et certificats d'économies d'énergie compris. Non compté : la contribution directe des énergéticiens au budget de l'Anah qui remplacerait ces certificats (plus de 8 Md€ par an, payés aujourd'hui par les fournisseurs d'énergie, hors budget), recette nouvelle qui financerait une partie de la dépense, faute de levier dans la grille ; les 400 000 autres rénovations par an ; l'objectif de 800 000 rénovations d'ampleur à terme (cahier « Pour un travaillisme écologique »).

Pas d’écart calculé avec le chiffre annoncé : les deux ne portent pas sur le même périmètre (chiffrage partiel, hypothèse de la rédaction, ou mesure comptée autrement par le candidat).

Droit en vigueur, sources et limites du barème

Droit en vigueur. Le principal instrument est MaPrimeRénov' (Anah). Il comprend un parcours accompagné pour les rénovations d'ampleur, une aide par geste et une aide aux copropriétés. Il est complété par les CEE. En 2024 : 91 374 rénovations d'ampleur (2 386 M€ d'aides) et 340 801 logements aidés au total (3,29 Md€). Le guichet a été suspendu de juin à septembre 2025, puis rouvert le 23 février 2026 après la LFI 2026. Le montant final des crédits 2026 diffère selon les sources (3,5 ou 4,3 Md€ d'engagements Anah) et n'a pas été vérifié dans la loi.

Horizon. Aide publique directe en année pleine. Barème Anah 2024 en euros courants. Ne comprend ni les CEE, financés par les fournisseurs d'énergie, ni le coût de l'accompagnement.

Limites. Valeur centrale : aide moyenne de l'ensemble des rénovations d'ampleur (2 386 M€ / 91 374 ≈ 26 100 €). Borne basse : aide moyenne en copropriété (11 818 €). Borne haute : parcours accompagné individuel (36 271 €). En 2024, 59 % des ménages aidés en rénovation d'ampleur étaient très modestes : un objectif plus élevé toucherait des ménages plus aisés, avec des aides unitaires plus faibles mais un taux de recours incertain. La fraude a justifié la suspension de 2025. Un objectif annoncé en logements « rénovés » doit être converti en rénovations d'ampleur avant d'appliquer ce barème.

  1. nouspresident.fr, cahier « Face à la crise du logement : faire sauter le verrou ». Lire la page du programme.

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