Déchiffrer 2027

Consommation, Marine Tondelier

TVA : TVA verte : taux réduits sur l’essentiel, hausse sur le luxe et le nocif

Sens du changement : changement d’une autre nature, ou sens incertain, par rapport à la loi en vigueur.

Le levier. Taxe sur la valeur ajoutée, payée sur la consommation : taux normal et taux réduits sur certains produits. Règle de sens : ↑ TVA plus lourde.

« Adopter une TVA verte différenciée selon l’impact environnemental et sanitaire des produits. Diminuer les taux des biens de première nécessité et des produits respectant l’environnement (produits biologiques, réparation de l’électroménager, des cycles, des chaussures, des vêtements, transports publics… Augmenter les taux de TVA des produits de luxe ou nocifs pour la santé et l’environnement : produits ultra-transformés, restauration à emporter, hôtellerie de luxe, vols domestiques, rénovation non énergétique… »1

Encodage

Pas de paramètre du barème pour cette position : voir le chiffrage pour la raison.

Chiffrage

Annoncé par le candidat

non annoncé

Le programme ne chiffre pas cette mesure.

Chiffrages publiés

aucun

Pas de chiffrage extérieur de cette position relevé à ce jour.

Notre calcul

non chiffrée

Le dossier Budget 2027 (26 août 2026) précise les taux visés : 20 % pour les biens et services à fort impact environnemental (le trafic aérien en exemple), 5,5 % pour ceux qui contribuent à la transition (le train, le bio, la réparation). Mais les listes de produits restent ouvertes (« … ») : rien à chiffrer sans les fixer.

Droit en vigueur, sources et limites du barème

Droit en vigueur. Taux normal de 20 % depuis le 1er janvier 2014 (environ 65 % des emplois taxables) ; taux réduits de 10 %, 5,5 % et 2,1 %. Produit net 2025 : 209 Md€ pour l'ensemble des administrations publiques, dont 99 Md€ pour l'État. TVA nette totale prévue à 215,4 Md€ en 2026 (PLF). Une fraction finance aussi l'audiovisuel public (compensation de 3,9 Md€ en 2026).

Horizon. Année pleine, en euros 2025 ; pour 2032, de l'ordre de +15 à +20 % (hypothèse).

Limites. Coûts unitaires de la DG Trésor (Trésor-Éco n° 371, septembre 2025, statiques, modèle sur le compte de 2022 vieilli à 2025) : rendement d'un point brut (tableau 1) et net (tableau 2), par taux. Une partie de la TVA est payée par les administrations elles-mêmes : le net déduit la hausse de dépenses publiques qui en résulte. Règle du barème : net au centre et en borne basse, brut en borne haute (taux normal 7,5 et 8,9 ; 10 % : 1,6 et 1,9 ; 5,5 % : 2,0 et 2,4 ; 2,1 % : 0,4 et 0,4, égaux à l'arrondi de la publication ; tous les taux : 11,4 et 13,7, totaux publiés, la somme des taux arrondis donnant 11,5 et 13,6). Le droit de l'Union (directive TVA révisée en 2022) encadre par ailleurs les taux réduits sur les énergies fossiles. Effet anti-redistributif : −0,7 % de pouvoir d'achat pour le premier quintile et −0,4 % pour le dernier, par point. Les baisses ciblées (énergie, produits de première nécessité) sont à chiffrer sur l'assiette de chaque produit. TVA à 5,5 % sur l'énergie : 11,3 Md€ est le chiffrage statique de l'Institut Montaigne (2024), sur les recettes de TVA de 2022 (15,6 Md€ au taux de 20 % sur les produits pétroliers, le gaz et l'électricité). Sa fourchette de 9 à 13,6 Md€ ajoute une variation de 20 % de la consommation et des prix : ce n'est pas un chiffrage statique, elle n'est pas comptée. Depuis le 1er août 2025, les abonnements d'électricité sont taxés à 20 % : l'assiette concernée est plus large qu'en 2022. Selon la même source, le taux réduit sur les carburants n'est pas permis par la directive TVA (annexe III) ; pour le gaz et l'électricité, il suppose l'accord de la Commission. Cette option ne porte que sur la TVA ; une baisse des accises se chiffre sur les leviers « taxes sur les carburants » et « prix de l'électricité ». TVA à 5,5 % sur l'énergie : 11,3 Md€ est la perte brute (Institut Montaigne, données 2022) ; la note de la DG Trésor ne dit rien de l'énergie : le centre applique le rapport net sur brut publié pour le taux de 20 %, auquel cette assiette est taxée (7,5 / 8,9 = 0,843), soit 9,52 Md€ (calcul ; 9,40 avec le rapport de l'ensemble des taux, 11,4 / 13,7). Montaigne rappelle que la directive TVA n'autorise pas de taux réduit sur les carburants.

  1. Pour une prospérité écologique – Le nouveau programme des Écologistes (Projet 2027), version 1 du 25 août 2026, p. 67. Ouvrir le document à cette page.

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