Chômage, Gabriel Attal
Chômage, durée de travail pour ouvrir des droits : Reprise de la réforme de 2024 : 8 mois de travail pour ouvrir des droits
Sens du changement : hausse, par rapport à la loi en vigueur.
Le levier. Durée minimale de travail, sur une période de référence, nécessaire pour toucher l'allocation chômage. Règle de sens : ↑ durée de travail exigée plus longue (accès plus restreint).
« C’est pourquoi je porte une réforme de l’assurance chômage qui incite au travail et qui créerait 100 000 emplois supplémentaires. »1
Encodage
| Paramètre | Loi actuelle | Programme | Date d’effet ou horizon |
|---|---|---|---|
| Durée de travail exigée pour ouvrir des droits | 6 mois | 8 mois* (hors du domaine mesuré par la source : extrapolation linéaire) (hypothèse de la rédaction, voir le chiffrage) | Année pleine, Md€ par an, en euros 2021 |
Chiffrage
Annoncé par le candidat
non annoncé
Le programme ne chiffre pas cette mesure.
Chiffrages publiés
aucun
Pas de chiffrage extérieur de cette position relevé à ce jour.
Notre calcul
+0,8 Md€* (hors du domaine mesuré par la source : extrapolation linéaire)
par an pour les comptes publics, économie, fourchette de +0,6 à +1 Md€.
* Hors du domaine mesuré par la source : extrapolation linéaire (domaine mesuré : 4 à 6 mois).
Le calcul
- Durée de travail exigée pour ouvrir des droits : (8 − 6) ÷ -1 = -2 fois « 1 mois d'affiliation exigé en moins (entre 6 et 4 mois), pour tous les entrants (hors primo-entrants, déjà à 5 mois) », à 0,4 Md€ (0,3 à 0,5) de coût chacune. Valeur proposée hors du domaine mesuré par la source : extrapolation linéaire (domaine mesuré : 4 à 6 mois). Domaine mesuré par l'Unédic : passage de 4 à 6 mois (estimation de mars 2021). Hors de cet intervalle, extrapolation linéaire, marquée comme telle.
Hypothèse de la rédaction. Chiffrage partiel. Lecture retenue : le compte rendu de l'entretien au Parisien publié par le site de campagne (3 juillet 2026, https://attalpresident.fr/actualites/dans-le-parisien-gabriel-attal-vise-le-zero-deficit-en-2037) annonce « la reprise de la réforme de l'assurance chômage initiée lorsqu'il était Premier ministre » ; la page « Dette de l'État » du programme dit cette réforme engagée en 2024 et empêchée par la dissolution d'entrer en vigueur : ce sont les règles de juin 2024, lues comme pour Bruno Retailleau. Pour l'accès, leur condition de 8 mois de travail sur les 20 derniers mois pour ouvrir des droits, au lieu de 6 mois sur 24 aujourd'hui ; au-delà de 6 mois (domaine mesuré par l'Unédic, 4 à 6 mois), extrapolation linéaire. Le coefficient (Unédic, mars 2021) est appliqué au droit actuel sans actualisation, comme pour les abrogations de la réforme 2019-2021 chiffrées chez d'autres candidats. Non chiffrés : la période de référence ramenée de 24 à 20 mois, qui durcit encore l'accès, et les règles de rechargement des droits. La durée maximale de 15 mois des mêmes règles est chiffrée au levier « durée » ; les économies annoncées pour toute la réforme y sont citées, sans être reprises.
Coefficient calculé par la rédaction à partir de Unédic, « Impact de l'évolution des règles d'assurance chômage au 1er juillet 2021 » (estimations de mars 2021), page 7 du PDF : la position est marquée hypothèse de la rédaction.
Droit en vigueur, sources et limites du barème
Droit en vigueur. Ouvrir des droits exige 6 mois de travail (130 jours ou 910 heures) sur les 24 derniers mois, 36 mois à partir de 55 ans. Cette règle vient du décret n° 2019-797 du 26 juillet 2019 et a été reconduite par la convention du 15 novembre 2024. Avant 2019 : 4 mois sur 28. Depuis le 1er avril 2026, les primo-entrants (personnes non indemnisées au cours des 20 dernières années) ouvrent des droits avec 5 mois de travail (108 jours ou 758 heures) dans les 24 ou 36 derniers mois (loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025, dispositions agréées par arrêté du 28 mars 2026) : 100 M€ en 2026, 130 M€ par an en régime de croisière dès 2027 (Unédic).
Horizon. Année pleine, Md€ par an, en euros 2021
Limites. Dérivé de l'estimation Unédic de mars 2021 : 0,8 Md€ par an en régime de croisière pour le passage de la condition d'affiliation de 4 à 6 mois, divisé par deux mois. Le retour à 4 mois sur 28 coûte environ 0,8 Md€. Le chiffre de 2021 n'est pas actualisé : le chômage et le SMIC ont changé depuis, et la contracyclicité de 2023 réduit la durée des droits ouverts. Repère sous le droit de 2026 : abaisser la condition d'un mois pour les seuls primo-entrants coûte 0,13 Md€ par an (Unédic), bien moins que le coefficient, qui porte sur tous les entrants. Convention « net » : l'Unédic présente ses moindres dépenses de 2021 et 2023 avec le financement des retraites complémentaires des allocataires (un flux vers l'Agirc-Arrco, entre administrations publiques) ; pour la réforme de 2019-2021, la part de ce flux n'est pas isolée et n'a pas pu être retirée.
- Unédic, « Impact de l'évolution des règles d'assurance chômage au 1er juillet 2021 » (estimations de mars 2021), page 7 du PDF, 2021-04 : « Mesures Moindres dépenses liées à la réforme, en M€ En 2021 En 2022 Régime de croisière* […] Condition minimale d’affiliation à 4 mois, puis à 6 mois pour les pertes d’emploi à partir du 1er janvier 2022 (majorant) ou au-delà de 2022 (minorant) 0 [0 – 730]** 800 »
- Unédic, « Assurance chômage : une condition d'accès assouplie pour les primo-entrants », 2026-04-01 : « A compter du 1er avril 2026, les salariés privés d’emploi, indemnisés pour la première fois par l’Assurance chômage, peuvent bénéficier de l’ARE […] s’ils justifient de 5 mois de travail (108 jours travaillés ou 758 heures travaillées) dans les 24 ou 36 derniers mois précédant leur fin de contrat de travail. »
- Unédic, « Impact de la mesure relative aux demandeurs d'emploi primo-entrants » (avril 2026), pages 1 et 2 du PDF, 2026-04-01 : « Mécaniquement, les dépenses d’indemnisation augmenteront également, de 130 M€ par an en régime de croisière, soit une hausse d’environ 0,4 %. […] Impact financier 100 M€ 130 M€ »
- CMS Francis Lefebvre, La convention d'assurance chômage est agréée, 2024-12 : « La réduction de la condition d'affiliation à 5 mois pour les demandeurs d'emploi n'ayant pas bénéficié d'une précédente ouverture de droits au cours des 20 dernières années […] nécessite une base légale »
Lire ces montants. Ce sont des coûts et des recettes statiques, sans effet de retour, en année pleine : rien sur la croissance, l’emploi ni les recettes que l’activité ferait gagner ou perdre. Un coût net plus élevé ne fait pas à lui seul une moins bonne politique, ni une économie nette une meilleure : chaque programme repose sur un modèle économique (relance par la demande, baisse des prélèvements, consolidation des comptes…) que le barème ne tranche pas. Le PIB lui-même mesure un volume d’activité, pas le bien-être ni l’utilité de ce qui est produit. Modèles économiques et effets de retour.
- attalpresident.fr, chantier « Travail & salaires » (page non datée). Lire la page du programme.
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