Études supérieures et recherche, Marine Le Pen
Frais d'inscription à l'université : Suppression de la CVEC, « un gain immédiat de 105 € » par étudiant
Sens du changement : suppression d’un dispositif, par rapport à la loi en vigueur.
Le levier. Droits payés par les étudiants dans les universités publiques : montant, modulation selon les revenus ou la nationalité. Règle de sens : ↑ frais plus élevés.
« Je pense notamment aux jeunes, lycéens, étudiants et jeunes actifs. […] [Cette trajectoire] prévoit aussi des droits nouveaux, notamment la suppression de la CVEC, cotisation pour la vie étudiante et de campus, soit un gain immédiat de 105 €. »1
Propos de Marine Le Pen, Chaîne YouTube officielle de Marine Le Pen, « La trajectoire financière de mon quinquennat », conférence de presse (vidéo, transcription de la rédaction), 6 octobre 2026. Position tirée de déclarations publiques, pas d’un programme écrit.
Pas de programme communiqué. Positions tirées de ses déclarations publiques, de propos de proches ou de documents de son parti, chacune datée et sourcée ; dernier relevé le 18 octobre 2026.
Encodage
Position rattachée à une option du barème, sans paramètre à régler : voir le chiffrage.
Chiffrage
Annoncé par le candidat
non annoncé
La source citée ne chiffre pas cette mesure.
Chiffrages publiés
aucun
Pas de chiffrage extérieur de cette position relevé à ce jour.
Notre calcul
−0,2 Md€
par an pour les comptes publics, baisse de recettes.
Le calcul
- Suppression de la contribution de vie étudiante et de campus (CVEC) : Option chiffrée par la source : 0,17 Md€ de coût par an.
Les 105 € cités par la candidate sont le montant payé par étudiant, pas un coût total. Le contre-budget 2026 du RN (23 octobre 2025, p. 7) prévoyait au contraire d'« Affecter la CVEC (contribution à la vie étudiante et de campus) au budget général », pour 0,170 Md€ de recettes : la source la plus récente est retenue.
Droit en vigueur, sources et limites du barème
Droit en vigueur. Arrêté du 19 avril 2019 : droits nationaux de 178 € en licence, 254 € en master et 397 € en doctorat pour 2025-2026. Les boursiers en sont exonérés. Les droits rapportent environ 500 M€ par an, soit 2,7 % des ressources des établissements. Étudiants extra-communautaires : droits différenciés (2 895 € en licence, 3 941 € en master) ; à la rentrée 2024, sur 111 400 étudiants dans leur champ, 100 400 en étaient exonérés en tout ou partie et 11 100 payaient le tarif plein (SIES) ; le décret n° 2026-385 du 19 mai 2026 abaisse la part exonérable à 30 % à la rentrée 2026, 25 % en 2027 et 20 % en 2028 (réponse ministérielle, AN, août 2026).
Horizon. année pleine 2032, Md€/an
Limites. Les 500 M€ comprennent des droits non nationaux (diplômes d'université, étudiants extra-communautaires), donc la gratuité des seuls diplômes nationaux coûte moins. Repère : l'Institut Montaigne (2022), d'après la Cour des comptes, chiffre la gratuité des diplômes nationaux dans les universités (hors écoles d'ingénieurs, droits de 2018-2019) à 342,2 M€ de droits théoriques, moins 112,5 M€ déjà compensés par l'État pour les boursiers, soit environ 0,23 Md€. Ce repère n'est pas compté : le rapport de la Cour n'a pas pu être ouvert, et rien dans les sources lues n'indique que les 500 M€ de recettes des établissements contiennent la compensation des boursiers. Une hausse rapporte moins si le nombre de boursiers exonérés augmente, ou si l'État baisse en même temps la subvention pour charges de service public. Dans ce cas, le gain va à l'État et non aux universités : la position le précise. Option fin-exonerations-droits-differencies (calcul de la rédaction, 18 octobre 2026) : sans aucune exonération, les droits différenciés rapporteraient 334 M€ en 2022-2023 (produit théorique, Cour des comptes, mars 2025) ; le décret du 19 mai 2026 en laisse exonérer au plus 20 % à partir de 2028 : la fin de toute exonération rapporte donc au plus 20 % × 334 M€, environ 0,07 Md€ par an, recette des universités. Statique : la baisse des inscriptions qu'une hausse des droits entraînerait n'est pas comptée. Le texte du décret n'a pas pu être lu (Légifrance inaccessible) : le plafond de 20 % vient d'une réponse ministérielle publiée et de la presse spécialisée. Option suppression-cvec : 170 M€ versés en 2023-2024 par environ 1,7 million d'étudiants non boursiers (Cour des comptes). Le plafond fixé en loi de finances était de 177 M€ en 2023 et 2024. Le coût est le même que l'État compense ou non les Crous et les établissements : la recette publique disparaît. La CVEC est payée dans tout le supérieur, pas seulement à l'université.
- IGF-IGESR, Modèle économique des établissements publics de l'enseignement supérieur (vie-publique), 2025-01 : « Droits d'inscription 417 429 478 472 500 [M€, 2019-2023] 2,7 % »
- L'Étudiant, rapport final des Assises du financement des universités, 2026-06-24 : « licence : environ 900 euros par an ; master : 1 300 euros ; recettes attendues environ 1,5 milliard d'euros »
- Cour des comptes, Une évaluation de l'attractivité de l'enseignement supérieur français pour les étudiants internationaux (mars 2025), tableau n° 16, 2025-03 : « Il pourrait avoisiner entre 4 M€ en 2019-2020 et 26 M€ en 2022-2023. Par rapport à une situation sans exonération […] le manque de recettes s'élève à 308 M€ en 2022-2023 ; tableau n° 16, 2022-2023 : produit théorique sans exonération 334 M€ »
- SIES, Note Flash n° 01 (janvier 2026), droits d'inscription différenciés à la rentrée 2024, 2026-01 : « 139 200 étudiants extracommunautaires étaient potentiellement concernés […] Parmi eux, 111 400 se trouvent dans leur périmètre d'application direct, et 100 400 en sont partiellement ou totalement exonérés. En définitive, seuls 11 100 étudiants s'acquittent d'un tarif plein (+15 % en un an). »
- Assemblée nationale, question écrite n° 17673, publiée au JO le 11 août 2026, 2026-08-11 : « le décret n° 2026-385 du 19 mai 2026 restreignant les possibilités d'exonération des droits d'inscription différenciés pour les étudiants étrangers extra-communautaires. Ce texte abaisse progressivement à 30 %, puis 25 % et enfin 20 % en 2028, la part des étudiants pouvant être exonérés, contre près de 90 % aujourd'hui. »
- Cour des comptes, La contribution de vie étudiante et de campus, 2025-05-13 : « En 2023-2024, le montant total de CVEC versé par les étudiants s'est élevé à 170 M€. »
Lire ces montants. Ce sont des coûts et des recettes statiques, sans effet de retour, en année pleine : rien sur la croissance, l’emploi ni les recettes que l’activité ferait gagner ou perdre. Un coût net plus élevé ne fait pas à lui seul une moins bonne politique, ni une économie nette une meilleure : chaque programme repose sur un modèle économique (relance par la demande, baisse des prélèvements, consolidation des comptes…) que le barème ne tranche pas. Le PIB lui-même mesure un volume d’activité, pas le bien-être ni l’utilité de ce qui est produit. Modèles économiques et effets de retour.
- Chaîne YouTube officielle de Marine Le Pen, « La trajectoire financière de mon quinquennat », conférence de presse (vidéo, transcription de la rédaction), 6 octobre 2026. Propos de Marine Le Pen. Position tirée de déclarations publiques, pas d’un programme écrit. Lire la source (Chaîne YouTube officielle de Marine Le Pen, « La trajectoire financière de mon quinquennat », conférence de presse (vidéo, transcription de la rédaction)).
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