Déchiffrer 2027

Salaires et SMIC, François Ruffin

SMIC net mensuel : 1 600 €, mesure du Nouveau Front populaire reprise

Sens du changement : hausse, par rapport à la loi en vigueur.

Le levier. Salaire minimum mensuel net pour un temps plein. Fixé par l'État, il est revalorisé au moins chaque 1er janvier. Règle de sens : ↑ SMIC plus élevé.

« Des mesures fortes, concrètes, comme le SMIC à 1 600€ ou la retraite à 60 ans, qui revalorisent le travail. »1

Encodage

ParamètreLoi actuelleProgrammeDate d’effet ou horizon
SMIC net mensuel, temps plein1 477,93 €/mois1 600 €/mois (hypothèse de la rédaction, voir le chiffrage)horizon du chiffrage, 2032

Chiffrage

Annoncé par le candidat

non annoncé

Le programme ne chiffre pas cette mesure.

Chiffrages publiés

aucun

Pas de chiffrage extérieur de cette position relevé à ce jour.

Notre calcul

−6,1 Md€

par an sur le solde public, baisse de recettes.

Le calcul

  • SMIC net mensuel, temps plein : (1 600 − 1 477,93) ÷ 100 = 1,22 fois « +100 € de SMIC net mensuel (environ +6,8 %) », à 5 Md€ (5 à 5) de coût chacune.

Hypothèse de la rédaction. « SMIC à 1 600€ » lu comme un montant net mensuel, celui du programme du Nouveau Front populaire (2024) dont le texte se réclame ; le cahier ne précise pas net ou brut, et 1 600 € brut serait sous le SMIC actuel (1 867 € brut).

Droit en vigueur, sources et limites du barème

Droit en vigueur. SMIC brut horaire 12,31 € depuis le 1er juin 2026, soit 1 867,02 € brut mensuel et environ 1 477,93 € net pour 35 h. C'est une revalorisation automatique de 2,41 % due à l'inflation (Code du travail, art. L3231-5). Le net est calculé par legisocial avec 20,84 % de cotisations, et le texte de juin n'est pas cité. Au 1er janvier 2026, le SMIC était de 12,02 € brut, soit 1 443,11 € net (décret n° 2025-1228 du 17 décembre 2025, info.gouv.fr).

Horizon. Année pleine, Md€ par an, en euros 2024. Le coût vient des allègements généraux indexés sur le SMIC, des salaires publics et de la prime d'activité, nets des cotisations supplémentaires. Il est à actualiser à l'horizon 2032.

Limites. Coefficient dérivé d'un chiffrage fait pour +201 € net (SMIC à 1 600 €, hausse de 14,4 % en 2024), ramené linéairement à 100 € : Carbonnier, environ 10 Md€ de coût net avant les retours d'impôt sur le revenu et de TVA (+21 Md€ d'allègements, cotisations supplémentaires et prime d'activité déduites), soit 5 par 100 €. C'est le seul chiffrage statique complet lu : low = central = high. Le coût vient surtout des allègements de cotisations (moindres recettes) : il est classé en baisse de recettes. Hors fourchette, parce qu'ils ne portent pas sur le même périmètre : l'« effet prix » seul de l'Institut Montaigne (3,5 Md€, soit 1,75 par 100 €) et son chiffrage actualisé de 19 Md€ (17 à 21), qui inclut des effets à moyen terme (emploi, diffusion salariale) et sort de la règle « statique ». Écarts entre sources pour la même mesure : gouvernement 3 Md€, Rabault (PS) 23 Md€ sur trois ans, iFRAP +32,5 Md€ d'allègements. En 2022, pour un SMIC à 1 400 € net, Montaigne chiffrait 2,7 Md€. Repères hors fourchette, d'un autre périmètre et d'un autre droit : le groupe d'experts du SMIC chiffrait en 2017 une hausse de 1 % du SMIC brut à 0,24 Md€ de dégradation du solde public (droit de 2017 : réduction générale, CICE, pacte de responsabilité ; cotisations salariales, impôt sur le revenu et prestations déduits), règle reprise par Montaigne en 2022, et en 2019 (législation 2019, après la bascule du CICE en allègements) une hausse de 100 € du SMIC net (+6,95 %) à 2,5 Md€ ; transposées à +100 € en 2026, ces règles donneraient environ 1,6 et 2,4 Md€. Elles déduisent l'impôt sur le revenu et les prestations, que le chiffrage de Carbonnier ne déduit pas, et portent sur des allègements d'avant la RGDU de 2026 : elles n'entrent pas dans la fourchette. Aucune source lue ne chiffre une hausse du SMIC sous la RGDU (le rapport 2025 du groupe d'experts ne le fait pas). Le calage sur 2022 montre l'écart : pour la hausse de 2022 (+10,3 %), 7,6 Md€ ici contre 2,7 chez Montaigne. Le coût dépend fortement de l'indexation des seuils d'allègements (RGDU 2026) : un gel des seuils en euros l'annule en grande partie. Pertes d'emplois estimées par Montaigne : 230 000 à 380 000 (non comptées).

  1. nouspresident.fr, cahier « Pour les travailleurs essentiels », mot de la fin. Lire la page du programme.

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